Ichigo no Sekai


*Je n'Embrasse pas*
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7000 danses
Indochine, le zénith.
Ma Elle, november.
Petite fierté lycéenne.
Saturday, May 19th.

Crash me
I. Alcool.
II. Lice, photographie.
Et vous.

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Huhu.]

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【 いちご ・の ・せかい 】


Indochine, et nos cœurs envolés…

Tout a commencé sur le coup de 10 h 30 ce 19 mai 2007. Et parler de mercredi devient de plus en plus un tort. Je doute et me dis que ce n'est pas lui que j'ai dû croiser, mais un fan tellement ressemblant que mes yeux ont vu ce qu'ils voulaient voir. Tout a donc commencé ce samedi matin, quand sortie du métro avec mon cousin, je me suis retrouvée les jambes tremblantes devant Bercy. Le nounours rose et sa mitraillette n'était pas encore là, dressé fièrement devant ce temple d'une nuit. A vue d'œil j'ai compté 200 personnes côté gradin, le double dans la file pour la fosse. Dire qu'à Bordeaux il n'y avait même pas autant de monde vers les 16 h… Ca va être grand, très.
Sans oser user de mon téléphone, j'ai rapidement retrouvé Valentine ( j'avais beau chercher des poney il m'aurait fallu le saut périlleux je crois :p ). Et la facilité avec laquelle elle m'a mise à l'aise m'étonne toujours. Ses sourires, ses mimiques, son humour, ou tout simplement sa manière d'être avec moi, je ne sais pas mais elle peut se vanter d'être la première à réussir ça. Peu après, ma phobie téléphonique bravée, j'ai rencontré Peter Pan. J'étais toute excitée et mon cousin s'est moqué de moi, à raison devant mes joues dont la couleur concurrençait les petites fraises rouges suicidal que je portais aux oreilles. Finalement c'est avec Valentine, sa cousine et deux indofans, Aurélie et Matthieu, rencontrés pendant l'attente, que nous nous sommes "assis", mon cousin et moi.

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Et puis, pendant que les vigiles formaient des groupes en nous cloîtrant entra quatre barrières grises, la file s'étirait à perte de vue dans un parc à proximité. Mes yeux allaient de fan en fan, à la découverte de toutes les excentricités possibles, émerveillés. Un Vietnamien timide nous a filmé d'en haut, nous adressant des coucous apeurés de la main. Vers 13 h j'ai reçu un appel de l'Ange. Ca me fait toujours plaisir quand il prend des nouvelles comme ça, puisque mise à part ma cousinette, il est bien le seul à le faire. Mais quand, au détour d'un Je te passe… qui s'est perdu au milieu du brouhaha indochinois qui m'entourait, la jolie voix de ma Demoizelle est arrivée à mes oreilles, mon petit cœur a menacé de s'envoler beaucoup trop haut. Si j'ai fuis presque tout contact avec l'extérieur, c'était surtout par peur de la perdre elle en lui montrant mon vide. Oh oui la logique est absurde, si je ne suis pas là je ne peux rien casser, rien briser, rien foutre en l'air. C'est très con, puisque l'absence peut faire de même. Mais quand j'ai la trouille, aussi déraisonnée soit elle, la raison met les voiles. C'était impossible de lui répondre si j'allais bien ou pas, j'avais Indochine d'un côté, et de l'autre la peur me projetait dans une sorte de coma chronique. Mais sa voix, comblant le manque que j'avais idiotement créé, a transformé mon ventre en un essaim de papillons. Parenthèse amoureuse.
Le soleil. L'attente. Indochine dans mes oreilles, inlassablement. Ces 46 s en boucle, où ma petite étoile reprend Zombie des Cranberries, faute d'entendre à nouveau sa voix dans mon téléphone. L'excitation. Les fans. Nous. Un barrage contre le Pacifique que je ne parvenais pas même à lire. Folie extatique camouflée. Ma gorge serrée qui refusait d'avaler plus de la moitié d'un sandwich. Et lui. Ce putain de carnage mensuel à la sauce sanglante. Forcément il fallait qu'il arrive ce jour là, prenant ma tête, mes jambes et mon bas-ventre en otage. Je n'ai pas mis beaucoup de temps pour comprendre que ce concert je ne serai pas en état de le tenir. Mes sourires se sont perdus pendant près d'une heure, je m'interdisais de pleurer pour ne pas gâcher leur fête, et silencieusement je me promettais de vaincre les malaises à venir. Le temps a remis mes lèvres en place.

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Ma mémoire est faible mais il devait être 18 h 30 quand ils ont ouvert les portes. Une course au mépris des vigiles, et nos pieds se sont ancrés à trois mètres de l'avancée en T de la scène. Et l'attente, encore. Une photo pour les souvenirs. La chaleur et mes rires qui frôlaient l'hystérie violemment étranglés. De loin j'ai aperçu Lou, la fille de Stéphane, mais elle ne jouerait pas ce soir. Les olas et nos cris prenaient une ampleur monstrueuse. 17 000 personnes, ou presque. 16 999, Aurélie ayant oublié sa place chez elle. Nos yeux brillaient. Nos langues et nos lèvres au corps à corps arguaient amoureusement de Indochine la scène vide et silencieuse.
Les lumières se sont éteintes et Pravda a fait son apparition. C'est eux-mêmes que j'avais eus en première partie à Bordeaux. J'avais trouvé la chanteuse très jolie. Mais d'où j'étais, là, je ne la voyais pas. Alors au diable la musique, je n'avais qu'une envie, que ça cesse et que mes premiers amours arrivent. Ils sont partis, enfin, et je suis désolé pour eux de n'avoir pas su apprécier. Un CD de Cansei De Ser Sexy passait en fond sonore. J'aimais, avant, là je haïssais. Parce que Indochine. Et l'attente devenait d'une perversité étouffante.

E-Talking de Soulwax. Bercy a explosé. Les lumières ont lentement faiblies et les tic-tac d'une jolie promesse déglinguée ont brisé nos dernières armes. Les portes se sont ouvertes, le rideau est tombé et Dunkerque nous emportait dans leur danse. Paris n'existait plus. Bercy n'était que lettres dérisoires. Leur monde. Le notre. Celui où j'ai le droit de vivre, celui où mon corps a sa place. Tissé de leurs mains. Et chaque note comme une perle de vie. Ceremonia. En nous, si fort. Le silence a été brutal, violent. Vingt minutes de panne électrique ponctuées de nos encouragements et de nos ouh ouh lancés vaillamment pour reprendre Alice & June au mépris du reste. Les pogos m'avaient séparée des autres et seule la main de Valentine restait dans la mienne. Yuni aussi, était à côté. Quand le son est enfin revenu, Nicola a lancé un bref Depuis que Nicolas Sarkozy est passé dans cette salle il a tout cassé acclamé de toute part dans les rires. Soulagés. En 26 ans de carrière c'était la première fois, et j'imagine le stress qu'ils ont dû ressentir.
La porte claquée s'est rouverte en Indochine. Marilyn et cette fille que j'embrasse sur les lèvres. Parce que moi Je veux vivre, vivre, vivre, un peu plus fort ! Parce que nous on veux jouir, jouir, jouir, encore plus fort ! Adora, et qu'à cela ne tienne, Il semblerait que mon fiancé soit une fille... Le film qui passe sur les écrans géants ravie mes yeux tout autant que le reste. La jeune fille qui se déshabille est belle, de ses seins à ses doigts qui jouent avec le seul bout de tissu qui reste sur elle. Je chante délicieuse, et je pense à Elle. Punker c'est ce sexe à fleur de peau que l'on se promet en parole. C'est cette [nos] langue[s] aux parfums exotiques excitants, sourires malicieux. Punker c'est mon corps qui ne tient déjà plus. Une main dans la mienne ou à ma taille pour ne pas me perdre. Je n'étais plus en moi. Je vibrais ailleurs, avec eux, sur leurs guitares, sa voix et le reste. La petite fraise indochinoise rentrait en transe pour survivre. L'image n'est pas surfaite, tant la douleur me broyait de l'intérieur. Mais une fois sortie, la souffrance corporelle loin, je ne sentais plus rien. Je ne sentais plus qu'eux. Et nous. Les gens tombaient comme des mouches et les malaises s'enchaînaient. Mais moi, je ne m'en irai jamais, murmurais-je à Valentine qui tenait ma main.
Gang Bang ce n'est pas l'amour adolescent qu'on entend à la radio. Non c'est le vrai, celui qui ne cache pas. Celui que je chante les yeux fermés, parce que je ne suis qu'une fille amoureuse qui promet l'insaisissable à celle qu'elle aime. Tu préfères quoi... ? Et j'ai appelé Nico là, tombée sur la messagerie mais tant pis, il l'aura eu son Bercy téléphonique. Moi j'ai toujours ressenti Ladyboy comme une chanson écrite pour nous. Une histoire indochinoise, à la vie comme à la mort. Mille multiplié par dix-sept, et puis toi et moi. Mieux que la lune qui a suivi. Lune qu'on chante ensemble, parce que même le fin fond de la salle la connaît. Lune aux centaines de briquets allumés. Lune de nos voix unies. Et puis Starlight en prières. J'aime ces paroles que j'effleure, une peur vague et informe, une tristesse douce. Je pleure souvent en l'écoutant. Puis June m'a mise en transe. Tout y était, de la douleur qui lacérait mon ventre à la fille qui se noyait lentement à l'écran. Sa voix et Théa. Tout. C'est mignon et morbide, cette voix de gamine. Mon corps rejeté en arrière. Je vibrais. Le sang rouge d'Indochine. Ces veines qui drainaient nos pulsations effrénées. Electrastar. Je ne la chantais pas tant pour Stéphane que pour Nicola. Lui je ne l'ai jamais connu. Je respecte tout ce qu'il a fait, et j'aime bien au-delà ces musiques qu'il a écrite. Mais c'est la disparition d'un frère. C'est cet homme qui m'accompagne sans le savoir. Pour qui je fais partie d'un tout alors que je l'ai transposé en Il. Alors je chante pour lui.
Puis les violons n'ont pas envolé ces Trois Nuits Par Semaine dans le ciel. Et maintenant que je sais pourquoi, la colère a remplacé les regrets. Miss Paramount et nos mains amoureuses qui le cherchent. Popstitute, we want to be alive, c'est tellement ça. Stef II que j'ai très longtemps comprise de travers. Mais après tout, on ressemblera à des filles, et tu verras... Astroboy que j'ai toujours aimé en live, moi. Quand on explore et qu'on déflore, le hard core. Comme tu adores, n'est-ce pas ? Et puis oh, oh... Ses yeux s'ouvrent. Je suis amoureuse. Tu sais Nicola... Crash Me. Je ne chante plus, je murmure. Je regarde et ne le quitte plus des yeux, là-bas. Il est beau. Sa voix. Je serais autre, je me transformerais en groupie. Mais je suis moi, religieuse, et je fais, amoureuse.
Je crois que nos cœurs ont cédé quand Nicola a annoncé l'orchestre philharmonique d'Hanoï. Le set acoustique serait symphonique. Je n'aurai pas droit aux fous rires de Boris qui sont restés incompréhensibles depuis Bordeaux. Salômbo et je craque. Moi aussi, loin du Pakistan, mais c'est une fleur de son et de joie qui éclot sous mes yeux, en moi. Justine et des larmes. Les mains sur le cœur. Jointes. Ou tendues vers eux, vers lui. Sweet Dreams. Etait-il possible de s'envoler plus haut, toujours plus haut ? De voler de ces rêves dont ils bercent nos vies. Vaguement je proposerais de tuer les groupies qui ont crié ces Nicola je t'aime alors qu'il se tenait juste devant nous. Dans un silence amoureux. Nos mains ouvertes dans un merci silencieux. Tes yeux noirs. Nos regards entrecroisés. L'osmose que seul lui sait créer. On va redonner un peu d'humanité à cette chanson... 3ème sexe. Parce qu'elle ne méritait pas d'être ainsi déformée par ces faux chanteurs. Nicola quand il la chante, je me sens belle. Tous, on était belles, et beaux, sur et dans sa voix de magicien. Notre Peter Pan à nous. Parce que j'ai fermé les yeux très fort. J'ai serré la main invisible de mon amoureuse, j'ai embrassé ses paupières closes, puis ses lèvres. Et j'ai laissé son prénom s'envoler jusque sous la voûte du ciel de Bercy. Parce que je l'aime. Et que sur cette chanson je suis bien plus qu'une fille qui aime une fille. Parce que je regrette qu'Indochine lui rappelle de mauvais souvenirs. Parce que j'aurais aimé qu'elle soit là. Son corps absent semblait m'effleurer, là-bas... Son prénom, dont le X et le E demeurent encore sur mon ventre, qui a fait sourire Valentine. Et moi j'ai rougis, je crois...
Pink Water a terminé ce set symphonique. Et on se l'ait joué Brian Molko, puisque monsieur n'était pas là. 16 999 personnes qui adressent un merci ému et unique en vietnamien à l'orchestre, ça fait quelque chose. Sin amon, ou quelque chose dans le genre. Les 600 personnes du 6.6.6 étaient loin. C'était une marée de fans éblouis qui les remerciait.
Parce qu'après cette beauté transcendante, il fallait du sexe. Obligation matérielle n'est-ce pas ? Les enfants dehors, Indochine nous présente une chanson interdite au moins de 18 ans, ou plutôt de 30 depuis Sarkozy. Eclats de rire. Vibrator. Quelques notes au piano. Je. Tu. On. Se masturbe. Je ne sais pas. Mais sa voix négligemment posée sur ces accords, cette sensualité excitante. Jouissance. Le paroxysme. Parce que je n'y arrivais pas. Merci Nicola... *Clin d'œil.*
Punishment Park avait un parfum de fin. Mais personne ne voulait y croire. Quand bien même le manque d'eau se faisait intolérable. Les bouteilles nous arrivaient vides. Certaines, tellement désirées s'étaient déjà répandues sur nos tête quand des lèvres les touchaient. Mais non, pas déjà. Tant que notre hymne indochinois n'était pas arrivé, on y croyais dur comme fer, à l'infini. L'Aventurier. Nicola qui danse. Qui tout du long a vibré comme nous. Un prince bu de mes yeux. Dévoré avec douceur. C'est notre monde. J'existe. Je suis vivante, heureuse. J'ai ce droit là, de me tenir devant lui, de chanter Bob Moran, qui surgit face au vent. Sauf que mon vrai héros à moi, c'est lui là, Nicola. Je suis à ma place, enfin. Et plus d'une fois je n'ai pas hésité à prendre la main de Valentine. Parce qu'en Indochine ça m'était permis. Je n'étais plus sale, j'étais belle. Parce qu'on s'est salis pour se rendre plus beau. Tous ensembles. Avec Eux. Lui il est fier de nous. Moi aussi, mais surtout d'Indochine, et de cet homme là, qui en garde l'âme. Et qui même, m'en a donné une.
Et puis ils nous ont joué You Spin Me Round, une reprise de Dead Or Alive. Et c'était bien, forcément. Un cadeau, parce qu'on est un putain de public, et que c'était un putain de concert, et que quoi qu'on en dise, Indo c'est un putain de groupe. Talulla a clôturé Bercy en douceur. Indochine ne s'éteindra jamais. Ils peuvent compter sur nous, malgré ces vieux démons qui ressurgissent du passé. A la vie, comme à la mort. Les mains tendues vers Nicola, mes merci venaient de l'âme. Les mots sont fades pour dire combien ça a été magique, là-bas. Combien on était beaux et on brillait. Le grandiose est pâle. Le magnifique, terne. La peau, le corps, les sens. Tel une fleur. Et on s'aime. Unis. Dans une beauté apocalyptique.

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Merci. Nicola. Indochine.
Je n'oublierai jamais.
A nos rêves.
A nos paradis sans fin...
Merci.





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Quand moi, j'emploie un mot, il veut dire exactement ce qu'il me plaît qu'il veuille dire... ni plus ni moins.
Lewis Carroll.




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