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*Je n'Embrasse pas*
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Indochine, le zénith.
Ma Elle, november.
Petite fierté lycéenne.
Saturday, May 19th.
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I. Alcool.
II. Lice, photographie.
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【 いちご ・の ・せかい 】
[Esquisses Incertaines] - I. Alcool.
L'alcool coulait à flot, leurs yeux étaient noyés dans l'ivresse, des rires sans fin s'échappaient de leurs gorges déployées, des rires sans forme qui s'élançaient dans l'air avec outrance, pour se heurter à cette masse de corps désarticulés. Des mots jetés dans l'air comme on joue aux dés, quitte ou double. L'intelligence amusait, l'hors norme ravissait. Leur folie exacerbée trouvait dans ce festival d'incohérences manière à s'épanouir. Sur la piste de dance, peau contre peau, des couples se déhanchaient, s'embrassaient. Corps arqués, étrangers, dans la sueur et le désir, une possession éphémère. Défaillance orgasmique. Alcool. Toujours, et encore. Comme une musique improvisée, des accords plaqués en travers, une immersion totale. Des cheveux en bataille, des vêtements arrachés, talon cassé. Des cris, des larmes. Du mascara qui coule. Et des rires, encore, toujours. Décadence.
Par quelques gestes maladroits, un garçon tentait de draguer la jeune fille aux yeux d'ébène. Ces yeux d'une profondeur désarmante. Ceux qu'on ne regardait pas, mais qu'on aimait. Ils étaient d'une beauté intouchable. L'ivresse ne les altérait pas, elle leurs donnait ce grain de folie si particulier, qui faisait de cette fille un Ange. L'air vibrait de sa présence. Elle était Celle. - Je suis vraiment très heureux de te revoir tu sais.
Sourire. - Tu es encore plus belle qu'avant.
Il rougit, attendant sa réponse. - Ah...
Un silence appuyé s'installa. Elle tourna la tête pour regarder la piste de danse où ses amis s'agitaient frénétiquement, puis le regarda à nouveau. - Moi aussi je suis contente de te revoir.
Il sourit, s'excusa. Puis, désespéré, il s'enfuit du salon. Elle soupira, presque sans comprendre. L'instant d'après, serrée dans les bras de Julien, elle avait déjà oublié.
L'euphorie se calma peu à peu. Aux aurores, achevés par la violence de leurs éclats, ils montèrent en vagues dans les chambres, et s'endormirent entassés sur les lits, ou sur le sol pour les derniers. Alors que tout le monde était encore plongé dans le sommeil, elle se réveilla en sursaut. Où est-elle ? Elle ne se rappelait pas l'avoir aperçue en fin de soirée, mais seulement au milieu, quand elle s'était excusée avant de partir rejoindre Alexis, qui pleurait tout son soul. Lui en revanche elle l'avait revu, enlacé dans les bras de Camille, sur le canapé. Où est-elle ? Plus elle se réveillait, plus la certitude de son absence se faisait présente. D'un pas mal assuré, elle entreprit de fouiller la maison de fond en comble. Un bruit se fit entendre dans une chambre à l'étage, elle fit volte face. C'était Julien. - Qu'est-ce qui se passe ? - Je cherche Lice. Elle a disparue dans la soirée hier, je ne sais pas où elle est. - Elle est peut-être rentrée chez elle. Je crois qu'elle ne se sentait pas très bien. - A pied, d'ici, en pleine nuit ? - Je ne sais pas... En tout cas moi non plus je ne l'ai pas vu en fin de soirée. - Je vais aller voir dehors. - Tu crois qu'elle y serait encore depuis hier soir ?
Elle ne répondit pas. D'un geste elle attrapa son manteau et s'esquiva par la porte d'entrée. Il la regarda partir, inquiet à son tour. Il l'aimait bien la petite Lice. Mais encore abruti par l'alcool il retourna se coucher.
Dehors, le froid l'enveloppa aussitôt qu'elle fut sortie. Il avait neigé dans la nuit, et une épaisse couche de poudreuse recouvrait le sol. Aucunes traces pourtant ne s'éloignaient de la maison. Elle a dû partir tôt... Ses pieds s'enfonçaient dans la neige, lui procurant une délicieuse sensation de calme au milieu de ce silence hivernal. Elle se calmait doucement, et se remit en quête de celle qui lui manquait. Ses lèvres bleutées laissaient échapper un mince filet brumeux tandis que ses yeux, presque noir dans ce froid saisonnier, la cherchait partout où ils pouvaient se poser.
[Il est possible qu'il y est une suite. Je remercie dame inspiration de reprendre un peu sa place en moi.]
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Quand moi, j'emploie un mot, il veut dire exactement ce qu'il me plaît qu'il veuille dire... ni plus ni moins.
Lewis Carroll.
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